La méthanisation,

de quoi s'agit-il ?
Transformation en biogaz + digestat

Qu'est-ce que la méthanisation ?

La méthanisation est une technologie de dégradation contrôlée des matières organiques. Ce processus, conduit en milieu fermé, c’est-à-dire anaérobie, permet à la fois de produire du biogaz ou biométhane, afin de générer de l’électricité et / ou de la chaleur, ainsi qu’un résidu appelé digestat, qui offre la possibilité d’amender le sol grâce à ses valeurs agronomiques.

Cette solution permet de remplacer le gaz naturel fossile, non renouvelable et importé, par un gaz aux propriétés identiques, après épuration. L’utilisation d’une énergie locale réduit les émissions de gaz à effet de serre de façon significative, et la récupération du digestat offre un produit de substitution, au moins partiellement, aux engrais chimiques.

Dans des proportions variables, les principaux intrants collectés pour matières méthanisées se constituent de déjections délevage, avec le lisier de bovins et de porcins, le fumier de bovins, mais aussi les CIVE, cultures intermédiaires à vocation énergétique, les résidus de l’industrie agro-alimentaire, les cultures dédiées, limitées à 10 % du gisement total, ainsi que les résidus de cultures comme les déchets de céréales ou les tontes de pelouses.

Les méthaniseurs, ou digesteurs, permettent de recycler des déchets organiques en biogaz et engrais naturels. La méthanisation permet de capter le méthane, puissant GES, gaz à effet de serre, naturellement produit lors de la décomposition anaérobie des matières.

Le procédé de méthanisation

Dans un premier temps, il s’agit de collecter et de transporter les matières organiques afin d’alimenter les méthaniseurs. Deux technologies existent, selon la teneur en matières sèches des déchets introduits, à savoir par voie liquide ou humide, dite infiniment mélangée, ou par voie solide ou sèche, dite discontinue.

Les méthaniseurs par voie humide fonctionnent en alimentation continue, avec des quantités entrantes et sortantes équivalentes. Les matières organiques sont introduites dans le méthaniseur, où elles seront brassées et chauffées à une température d’environ 37° C. Le digesteur de forme cylindrique stocke le biogaz dans sa coupole hémisphérique.

Le fonctionnement en parallèle des unités permet une production stable dans le temps. Le procédé se déroule pendant 50 à 60 jours : l’hydrolyse transforme les molécules complexes en sucre, acides aminés et acides gras ; l’acidogenèse transforme les sucres en acides gras volatils ; l’acétogenèse produit les acétates ; et enfin la méthanogenèse produit le méthane et le digestat.

Avant injection dans le réseau GRDF, le biogaz sera épuré en trois étapes : la désulfuration pour retirer le sulfure d’hydrogène, la déshydratation, pour retirer l’eau, et la décarbonation, afin d’ôter le CO2.

Le traitement du biogaz en biométhane

Traitement du biogaz en biométhane "gaz vert"

Répondre aux spécifications techniques et exigences règlementaires

La SAS Agrigaz Vire, sur contrôle du département certification de Control Union, a obtenu, en décembre 2023, le certificat d’exigences 2BS-STD. L’utilisateur Agrigaz Vire, Énergies d’ici, en tant qu’usine de biométhane, premier point de collecte de biomasse agricole, point de collecte de déchets et résidus non agricoles, et entité de commercialisation avec stockage, répond en effet aux normes européennes.

Dans la dernière version telle que publiée sur le site web de 2BS, les exigences sont remplies pour une durée de cinq ans. Approbation par la Commission européenne en tant que schéma volontaire pour démontrer le respect des règles de durabilité en vertu de la directive REDII du Parlement européen.

Alexis Peulson, conseiller agricole Énergies aux chambres d’agriculture de Normandie, témoigne.

« La directive est composée de deux critères : l’un lié à la durabilité de la biomasse, l’autre lié au bilan gaz à effet de serre de l’unité. Pour la durabilité, nous pouvons identifier toutes les parcelles qui ont servi à alimenter les digesteurs. Nous avons vérifié qu’elles étaient durables, c’est-à-dire non issues de déforestation ou de retournement de prairies permanentes depuis le 1er janvier 2008 ou bien situées en dehors de zones protégées, … Sur le bilan GES, nous avons comptabilisé toutes les émissions de CO2 liées aux pratiques culturales — carburant du tracteur, émissions dues aux engrais azotés, …, au transport et au fonctionnement de l’unité. »